Ce glossaire rassemble et explique les principaux termes utilisés dans les opérations de cession et reprise d'entreprise. Chaque définition est rédigée dans un langage accessible, avec des exemples concrets et des renvois vers nos ressources spécialisées.
CARPA
La Caisse Autonome des Règlements Pécuniaires des Avocats est un organisme qui gère les fonds détenus par les avocats pour le compte de leurs clients. Dans le cadre d'une cession d'entreprise, la CARPA sert fréquemment de tiers séquestre : le prix de cession (ou une partie) est déposé sur un compte CARPA en attendant la réalisation de certaines conditions (levée des conditions suspensives, réalisation d'un inventaire, établissement d'un arrêté comptable, etc.).
Le recours à la CARPA offre une garantie de sécurité pour les deux parties : les fonds sont conservés sur un compte réglementé et ne peuvent être libérés que selon les instructions convenues dans la convention de séquestre.
Cédant
Personne physique ou morale qui vend tout ou partie de son entreprise, de ses titres (actions ou parts sociales), de son fonds de commerce ou de ses actifs. Le cédant est le vendeur dans une opération de cession-reprise.
En cas de cession de titres, le cédant est l'actionnaire qui vend ses parts ou actions. En cas de cession de fonds de commerce, le cédant est l'entreprise elle-même (ou son exploitant).
Le terme cessionnaire désigne, à l'inverse, l'acquéreur (le repreneur).
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Cessionnaire
Personne physique ou morale qui acquiert les titres, le fonds de commerce ou les actifs dans le cadre d'une opération de cession. Le cessionnaire est l'acheteur de la transaction — on parle aussi de repreneur ou d'acquéreur.
Le terme cessionnaire s'oppose au terme cédant (le vendeur). Dans les actes juridiques, c'est le terme cessionnaire qui est utilisé pour désigner formellement la partie acquéreuse.
Cession d'actifs
Type de cession dans lequel le repreneur acquiert des éléments d'actif spécifiques de l'entreprise (site internet, nom de domaine, base clients, logiciel, contrats, stock…), et non la société elle-même. Contrairement à la cession de titres ou à la cession de fonds de commerce, les dettes et le passif de la société ne sont pas transférés à l'acquéreur, et seuls les éléments expressément listés dans l'acte sont cédés.
La cession d'actifs est fréquente pour les opérations de petite taille dans le digital : vente d'un site internet, d'une application mobile ou d'un SaaS exploité en nom propre. Elle est généralement plus simple à structurer qu'une cession de titres, mais nécessite de lister précisément chaque élément transféré dans l'acte de cession.
Voir aussi : les différents types de cession.
Cession de parts sociales / Cession de titres
Type de cession dans lequel le repreneur acquiert les titres de propriété (actions ou parts sociales) de la société qui exploite l'activité. Le repreneur devient ainsi le nouvel actionnaire et propriétaire de la société, avec tout ce qu'elle contient : actifs, contrats, trésorerie, mais aussi dettes et passif.
C'est le mode de cession le plus courant pour les entreprises structurées (SAS, SARL, SA). Le prix de cession intègre généralement la valeur du fonds de commerce incorporel, ajustée de la trésorerie nette (ou dette nette) constatée à une date de référence. La cession de titres implique le plus souvent une garantie d'actif et de passif (GAP) pour protéger le repreneur contre les risques liés à la gestion passée.
Clause d'intégralité
Clause contractuelle qui stipule que l'acte de cession constitue l'accord complet et définitif entre les parties. Elle a pour effet de rendre caducs tous les documents, échanges ou accords antérieurs (lettres d'intention, emails de négociation, accords verbaux) : seul le contrat signé fait foi.
Exemple de clause d'intégralité : "Le présent contrat et ses annexes forment l'intégralité de l'accord conclu entre les parties quant à son objet. Il met fin, à compter de sa date d'entrée en vigueur, à tous les engagements ou accords antérieurement conclus entre les parties quant à ce même objet."
Clause de non-concurrence
Clause insérée dans l'acte de cession qui interdit au cédant de créer, exploiter ou participer à une activité concurrente de celle qu'il vient de céder. Elle protège le repreneur en empêchant le cédant de recréer une entreprise similaire qui viendrait concurrencer l'entreprise reprise et en diminuer la valeur.
Pour être valable, une clause de non-concurrence doit être limitée dans le temps (généralement 2 à 5 ans), dans l'espace (un territoire défini) et dans son objet (un domaine d'activité précis). En pratique, dans le digital, la limitation géographique est souvent remplacée par une limitation du secteur d'activité, le business étant par nature dématérialisé.
Clause de substitution
Clause qui autorise le signataire d'un acte (typiquement le cessionnaire dans un compromis de vente) à se faire remplacer par une autre personne physique ou morale, généralement une société en cours de constitution (holding de reprise).
Cette clause est très courante en M&A : le repreneur signe en son nom propre le compromis ou la LOI, puis se substitue au profit de sa holding une fois celle-ci créée et immatriculée.
Exemple : deux repreneurs personnes physiques signent un compromis de cession avec une clause de substitution au profit de leur future SAS de reprise, en cours de constitution.
Clause pénale
Clause contractuelle qui fixe à l'avance le montant de l'indemnité due par une partie en cas de manquement à ses obligations. Elle évite d'avoir à prouver le montant exact du préjudice devant un tribunal : le montant est prédéterminé dans le contrat.
En M&A, les clauses pénales se retrouvent fréquemment dans les mandats de cession (en cas de non-respect par le cédant de ses obligations d'information), dans les actes de cession (en cas de retard de paiement) ou dans les LOI exclusives (en cas de rupture abusive des négociations).
Clause suspensive
Clause qui conditionne l'exécution d'un contrat (LOI, compromis, acte de cession) à la réalisation d'un événement futur et incertain. Tant que la condition n'est pas levée, le contrat existe mais ses effets sont suspendus. Si la condition ne se réalise pas dans le délai prévu, le contrat devient caduc.
Exemples : une clause suspensive de financement autorise le repreneur à ne pas donner suite à la reprise s'il n'obtient pas son prêt bancaire dans le délai imparti. Autre exemple : une clause suspensive liée à la confirmation par la banque de la société cible qu'elle maintiendra ses engagements après le changement d'actionnaire.
Closing
Dernière étape du processus de cession-reprise : le closing est le moment où les actes définitifs sont signés et où le transfert de propriété s'opère. C'est à cette occasion que le prix de cession (ou la première tranche / prix provisoire) est versé, que les accès opérationnels sont transmis et que le repreneur prend officiellement les commandes.
Même à l'aube de cette dernière ligne droite, un rebondissement reste possible : il n'est pas rare qu'une opération, même bien préparée, avorte au dernier moment pour un motif endogène (désaccord de dernière minute, découverte d'un élément imprévu) ou exogène (changement de conjoncture, refus de financement).
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Commission de succès (success fee)
Part de la rémunération d'un broker M&A ou d'un conseil en cession dont le versement est conditionné à la réalisation effective de la transaction (signature de l'acte de cession). Elle se distingue du retainer fee, qui est versé indépendamment du résultat.
La commission de succès est calculée soit sous forme de pourcentage du prix de cession (le plus courant), soit sous forme de forfait, parfois avec un montant plancher garanti. Elle peut être facturée au cédant ou au cessionnaire et déduite du prix de cession négocié, ce qui amène le cédant à raisonner en net vendeur (prix brut moins commission).
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Compromis de vente / Promesse d'achat
Acte précontractuel par lequel les parties formalisent leur accord sur les conditions essentielles de la cession (prix, périmètre, conditions suspensives, calendrier). Le compromis engage les deux parties : le cédant s'engage à vendre et le repreneur s'engage à acheter, sous réserve de la levée des conditions suspensives éventuelles.
Le compromis se distingue de la simple lettre d'intention (LOI) par son caractère plus engageant : il fixe les conditions définitives de la transaction, là où la LOI pose un cadre de négociation. Une fois les conditions suspensives levées, les parties signent l'acte réitératif (ou l'acte de cession définitif) lors du closing.
Compte courant d'associé
Créance détenue par un associé (ou actionnaire) sur la société, correspondant à des avances de trésorerie qu'il a consenties, au-delà de son apport au capital. Le compte courant d'associé fonctionne comme un prêt de l'associé à sa propre société : la société lui doit de l'argent.
Lors d'une cession de titres, le traitement du compte courant d'associé est un point de négociation important : le repreneur peut le reprendre (racheter la créance en plus des titres), le cédant peut en demander le remboursement avant la cession, ou le cédant peut l'abandonner (en tout ou partie), ce qui améliore la situation financière de la société.
Lire l'article complet : L'impact des comptes courants d'associé lors de la cession d'une entreprise →
Crédit vendeur
Facilité de paiement accordée par le cédant au repreneur : au lieu de payer l'intégralité du prix de cession au closing, le repreneur verse une partie comptant et le solde sous forme de mensualités échelonnées, directement au cédant. Le crédit vendeur fonctionne comme un prêt consenti par le vendeur à l'acheteur.
Le crédit vendeur est un outil de financement complémentaire très répandu en cession d'entreprise. Il présente un double avantage : il facilite le financement de la reprise pour l'acheteur, et il témoigne de la confiance du cédant dans la pérennité de l'activité transmise — un signal positif, y compris pour les banques.
Exemple : sur un prix de 80 000 €, le repreneur verse 55 000 € au comptant et le solde de 25 000 € sous forme de 12 mensualités de 2 000 € et une 13e mensualité de 1 000 €.
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Dataroom
Espace sécurisé (physique ou virtuel) dans lequel le cédant rassemble l'ensemble des documents confidentiels relatifs à la cession : bilans comptables, tableaux de bord, statistiques de trafic et de chiffre d'affaires, contrats en cours, informations juridiques, fiscales et sociales, etc.
Les candidats repreneurs autorisés par le cédant ou son conseil peuvent consulter ces documents pour mener leur due diligence et confirmer (ou infirmer) leur intérêt. L'accès à la dataroom intervient généralement après la signature d'un NDA.
Les datarooms virtuelles, comme celle proposée par DEALING-ROOM, offrent des avantages significatifs par rapport aux datarooms physiques traditionnelles : consultation à distance, sans contrainte d'horaires.
En savoir plus : Comment constituer une dataroom →
Date d'effet
Date à laquelle le transfert de propriété prend effet entre le cédant et le repreneur. Elle ne coïncide pas nécessairement avec la date de signature de l'acte de cession : les parties peuvent convenir que le transfert sera effectif à une date ultérieure (par exemple le premier jour du mois suivant le closing).
La date d'effet est un repère fondamental car elle détermine à partir de quand le repreneur supporte les risques et bénéficie des revenus de l'entreprise. C'est souvent à cette date qu'est calculé l'arrêté comptable servant de base à l'ajustement du prix définitif.
Droit de préemption
Droit permettant à son titulaire d'acquérir en priorité des titres (actions ou parts sociales) avant tout autre acheteur, aux mêmes conditions que celles proposées par un tiers. Le droit de préemption peut être d'origine légale (prévu par le code de commerce pour certaines formes de sociétés) ou conventionnelle (prévu par les statuts ou un pacte d'actionnaires).
En pratique, avant de céder ses titres à un tiers, le cédant doit notifier son projet de cession aux bénéficiaires du droit de préemption (les autres associés, par exemple) et leur laisser un délai pour exercer leur droit.
Droit de suite
Droit contractuel permettant à un broker M&A ou un intermédiaire de percevoir sa commission de succès si une transaction a lieu avec un repreneur qu'il a présenté au cédant, même après la fin du mandat. Le droit de suite est limité dans le temps (généralement 24 à 60 mois) et ne s'applique qu'aux repreneurs effectivement mis en relation par le broker pendant la durée du mandat.
Ce mécanisme protège le broker contre le risque qu'un cédant résilie son mandat pour finaliser directement une transaction avec un candidat que le broker avait identifié et qualifié.
Droits d'enregistrement
Taxe due à l'administration fiscale lors de la cession d'un fonds de commerce ou de parts sociales. Ils sont à la charge de l'acquéreur et varient selon la nature de la cession et le montant du prix.
Pour une cession de fonds de commerce :
- 0 % jusqu'à 23 000 €
- 3 % entre 23 000 € et 200 000 €
- 5 % au-delà de 200 000 €
Pour une cession de parts sociales (SARL, SCI) :
- 3 % après un abattement calculé en fonction du nombre de parts cédées
Pour une cession d'actions (SAS, SA) :
Ces montants peuvent évoluer en fonction de la législation en vigueur.
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Voir aussi : la fiscalité de la cession-reprise et l'optimisation fiscale pour les repreneurs de fonds de commerce.
Due diligence
Phase d'audit approfondi menée par le repreneur (ou ses conseils) avant de finaliser l'acquisition. La due diligence vise à vérifier la véracité des informations communiquées par le cédant et à identifier les risques potentiels liés à la reprise. Elle porte généralement sur plusieurs axes : comptable et financier, fiscal, social, juridique, opérationnel et technologique.
Dans le digital, la due diligence technique est particulièrement importante : état du code source, qualité du SEO, dépendance à certaines plateformes (marketplaces, régies publicitaires), pérennité des sources de trafic, conformité RGPD, etc.
La due diligence intervient après la signature de la LOI et avant le closing. C'est une étape décisive : si l'audit révèle des risques significatifs non anticipés, le repreneur peut renégocier le prix, demander des garanties supplémentaires (notamment via la GAP), ou se retirer de la transaction si une clause suspensive le permet.
Voir aussi : Vendor Due Diligence (VDD).